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JMA - Sermon pour le 2ème dimanche après l'epiphanie

 

 

Sermon du Chanoine Bergerot

pour le 2ème dimanche après l'Epiphanie

 

 

 

 

 

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

 


 

L’Evangile d’aujourd’hui, mes biens chers frères, nous relate le premier miracle de Jésus, par lequel il « manifesta sa gloire » et grâce auquel « ses disciples crurent en lui ».

 


Ce miracle, nous le connaissons bien, ce fut le changement de l’eau en vin, qui eut lieu lors des noces de Cana.

 


Les Pères de l’Eglise interprètent ce miracle comme l’annonce de l’Eucharistie, où le pain et le vin sont miraculeusement changés en Corps et en Sang de Notre-Seigneur, et donnés en nourriture et en boisson aux fidèles.

 


Mais ça n’est pas tout. Les noces de Cana revêtent aussi une importance particulière, puisque c’est là, nous disent encore les Pères, que Jésus institua le sacrement du mariage, par lequel un homme et une femme s’unissent librement, et pour toute la vie, devant Dieu.

 


L’évangile nous donne donc l’occasion de réfléchir ce dimanche sur ce sacrement, sur ce sacrement « qui est grand », selon les mots de saint Paul.

 


 

Nous savons qu’avant d’être un sacrement, le mariage est d’abord une institution naturelle, voulue par Dieu depuis la création du monde, pour permettre la prolifération de la race humaine.

 


Mais le péché étant venu mettre le désordre dans la nature, et donc aussi dans la relation entre l’homme et la femme, il fallait que le mariage soit restauré par Notre-Seigneur.

 


L’homme et la femme, pour correspondre au dessein de Dieu, pour s’aimer d’un amour vrai et pur, ont désormais besoin de secours spéciaux de Dieu. Cela, et j’insiste, est indispensable. Ça n’est pas un plus, ça n’est pas un mieux, c’est une nécessité.

 


 

C’est pourquoi aujourd’hui je voudrais partir en guerre contre certaines idées reçues et largement répandues, qui ne sont pas catholiques. Contre des idées qui sont fausses et qui sont de véritables pestes pour les couples eux-mêmes, mais aussi pour les enfants et la société toute entière.

 


Le Chanoine Cornette, vénérable prêtre qui vécut en France au début du XXème siècle, disait : « Une nation vaut ce que valent ses familles ».



Ces paroles, vieilles d’un siècle, sont toujours d’actualité.

 


Une nation ne peut se développer qu’en se fondant sur le socle familial, et ne peut au contraire que régresser et dégénérer si elle refuse la famille, composé d’un homme d’une femme et d’enfants, comme on le voit bien dans les pays occidentaux décadents, qui voudraient en plus étendre leurs lubies mortifères à travers le monde.

 


C’est pourquoi, mes biens chers frères, contre ce venin du diable, il faut résister. Et pour résister, il faut accepter les secours de Dieu, notamment ceux que Dieu veut vous donner par l’institution sainte du mariage.

 


Que les choses soient bien claires : le mariage à l’église n’est pas une récompense, comme la cerise sur le gâteau. J’entends en effet souvent dire, et nous le voyons bien autour de nous, qu’on va d’abord vivre  ensemble, et que si ça marche, au bout de 2, 5, 10 ou même 20 ans, qu’on ira officialiser cette union de fait devant Dieu.

 


Pour vous expliquer l’absurdité de ce raisonnement, je vais faire une comparaison.

 


Vous le savez, la vocation sacerdotale, la vie de prêtre est exigeante. Le célibat, la chasteté parfaite que l’Eglise demande à ses ministres, le don de soi pour le salut des âmes, l’obéissance à ses supérieurs, parfois crucifiantes : c’est tout cela.

 


Exigeant, oui, mais pas impossible, car Dieu « fait » ses prêtres. Il leur donne en effet un sacrement qui imprime dans leur âme un caractère, qui les transforme dans leur être même, et qui leur donne aussi un certain droit à recevoir tous les secours nécessaires dont ils ont besoin pour vivre saintement et pleinement leur sacerdoce.

 


Humainement, ça serait impossible. Mais surnaturellement, cela est rendu possible par la grâce du sacrement.

 


Et bien maintenant, imaginons qu’on demande à un homme de vivre comme un prêtre, de « faire » le prêtre, pour voir, afin que, s’il « tient le coup », au bout de 5, 10, 15 ou 20 ans, on lui donne le sacrement, pour l’élever réellement au sacerdoce.

 


Vous vous doutez bien que les résultats, si cela était possible, seraient désastreux. Pourquoi ? Parce que tout simplement, pour vivre en prêtre, on a besoin d’être prêtre.

 


Le sacrement n’est donc pas une « récompense » pour celui qui se serait bien conduit, c’est une élévation surnaturelle de celui qui a été appelé par Dieu, malgré sa petitesse et sa misère, pour exercer des fonctions saintes.

 


Le sacrement est donc un besoin, une nécessité, pour pourvoir être capable de vivre les exigences sacerdotales.

 


 

Alors, mes biens chers frères, il faut aussi se faire une raison : il en va de même pour le mariage. Pour vivre fidèlement, pour construire une relation stable et durable, pour fonder une famille, l’homme et la femme ont besoin du sacrement du mariage.

 


Trop souvent on exclut Dieu de sa relation, on veut commencer en comptant sur ses propres forces, en désobéissant à la volonté de Dieu.

 


Les résultats sont malheureusement catastrophiques. Autour de nous, combien de ruines, combiens de foyers éclatés, combien de femmes abandonnés avec leurs enfants ?

 


Demandons-nous où est la cause de tout cela. Demandons-nous comment avons-nous bâti notre foyer.

 


Avions-nous invité Jésus à nos noces, comme les époux de Cana en Galilée ? Ou l’avions nous exclut, en se disant qu’on se débrouillerait bien tout seul, et qu’on verrait bien par la suite ?

 


Oui, mes biens chers frères, vous devez inviter Jésus dans votre couple, afin qu’il élève ce chaste amour humain que vous lui présentez, en un amour divinisé par la grâce du sacrement.

 


 

Ne nous y trompons pas : le mariage chrétien n’est pas une assurance tout risque, comme le fait de recevoir le sacrement de l’ordre ne garantit pas de la fidélité du prêtre. Judas lui-même était prêtre. L’homme gardera donc toujours cette possibilité terrible de s’écarter de la voie de Dieu.

 


C’est pourquoi répondre à l’appel de Dieu, que ce soit dans la consécration à Dieu ou dans le mariage, demande toujours un engagement, engagement qui est acceptation de la croix, acceptation généreuse, et je dirais même amoureuse de la croix. Car il n’y a pas d’amour sans sacrifice, il n’y a pas d’amour facile.

 


Alors je lance un appel aujourd’hui aux hommes et aux femmes de la paroisse : n’ayez pas peur de vous engager. Si vous avez la Foi, croyez que Dieu est là, qu’il assistera vos pas, qu’il soutiendra vos efforts, qu’il bénira votre union. Ne doutez pas de la fidélité de Dieu.

 


Je lance un appel aux jeunes : croyez en l’évangile. Ayez le courage de de l’amour vrai, qui est toujours sacrifice.

 


Je lance un appel aux hommes. Soyez de vrais hommes qui sachent prendre leur responsabilité, qui regardent les femmes comme des personnes –et non comme des simples compagnes- comme des personnes aimées infiniment par Dieu, sauvées par le Sang de Jésus . Vous aurez à rendre compte de votre comportement devant Dieu.

 


Je lance aussi un appel aux femmes. Ayez le courage de l’exigence. L’évangile vous a libéré. N’acceptez jamais l’aliénation, l’esclavage du péché qui vous prive de votre Dieu. Ne vous habituez jamais à cela.

 


Et enfin je m’adresse aux familles. Ne vous dressez pas en obstacle à la volonté de Dieu. Conseillez vos fils et vos filles, certes, aimez-les. Mais ne les mettez jamais dans des situations impossibles, pénibles, bien souvent guidées que par des considérations purement mercantiles, qui les empêchent de réaliser la volonté de Dieu, et qui sont bien loin de toute considération chrétienne. Car là aussi, vous aurez des comptes à rendre à l’auteur de l’amour.

 


Que Notre-Dame de Cana intercède pour nous, qu’elle intercède pour chacun de vous afin qu’elle vous aide à bâtir de beaux foyers, images de la Sainte Famille.

 


Mon Dieu, donnez-nous des foyers chrétiens, donnez beaucoup de familles chrétiennes,

 


Ainsi soit-il.