fr

Aidez-nous !

JMA - Sermon pour la fête de l'Epiphanie

 

 

 

 

 

Sermon du Chanoine Bergerot

pour la solennité de l'Epiphanie

 

12 janvier 2014

 

 


 

 

 

Au nom du Père et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

 

 

 

Qui de nous, mes bien chers frères, n’a jamais rêvé de devenir célèbre ? Qui de nous n’a jamais rêvé de devenir une star ?

 


Souvent, ce sont des rêves d’enfants. Certainement dans cette église, certains garçons rêvent de devenir le nouvel Aubameyang ou le nouvel Anthony Obame. Pour les petites filles, ce serait plutôt la future Miss Gabon ou une chanteuse mondialement connue.

 


Marcher sur les tapis rouges, avancer sous les projecteurs et les flashs des paparazzis, signer les autographes… autant de souhaits qui ont peut-être nourris notre enfance.

 


Ce sont des rêves d’enfants, mais avouons qu’ils persistent parfois : on continue de vouloir devenir un grand homme, un grand quelqu’un, un « Monsieur »… ou une « Madame ».

 

 

 

Devenir une star. Mais qu’est-ce qu’une star ?

 


Vous le savez sans doute, le mot « star » signifie étoile. Être une star, c’est être une étoile, c’est devenir une personne qui brille aux yeux du monde, qui sort du lot, qui est remarquée au milieu de tant de vies que l’on pourrait qualifier de normales.

 


Voilà ce qu’est une star selon le monde. Tout n’est pas forcément mauvais là-dedans : la volonté de se dépasser, de développer les talents que l’on a reçu, mais nous voyons bien aussi que cela peut facilement s’opposer à l’esprit de l’évangile.

 


En effet, bien souvent, la star recherche sa propre gloire, par ambition, par amour-propre, et souvent elle ne poursuit que ses intérêts propres, elle ne pense qu’à se servir et non pas à servir.

 

Il  a donc une différence entre une star selon le monde et une star selon Dieu.

 


Car voyez-vous, et particulièrement en ce dimanche de l’Epiphanie, Dieu nous appelle à devenir une star, il veut que nous devenions une étoile, à l’image de celle qui conduisit les Rois Mages auprès de l’Enfant-Dieu, à la crèche.

 


Devenir une étoile. Pour nous, chrétiens, cela signifie devenir un saint.

 


Voyons donc les différences qu’il a entre l’étoile selon le monde et l’étoile selon Dieu.

 

Il  en a beaucoup, c’est évident. Mais je ne m’arrêterai que sur trois différences essentielles que nous pouvons tirer de l’enseignement même de l’évangile.

 


 

Dans le récit que nous venons d’entendre, nous remarquons que l’étoile conduit les Mages à la Vérité qui est Jésus.

 


Cette étoile se met donc au service d’une cause plus haute qu’elle-même. Elle a reçu une mission et elle l’exerce par obéissance à son Créateur. Pour le chrétien, devenir étoile c’est donc chercher à faire la volonté de Dieu pour éclairer ses frères.

 


En un mot, c’est répondre généreusement à sa vocation, que ce soit celle de prêtre ou de consacré, de père ou de mère de famille, d’étudiant ou de professionnel.

 


Par sa vie, le Chrétien doit en effet être lumière pour les autres. Sa vie doit être un témoignage. « Voyez comme il s’aiment », disaient les païens en observant les premiers chrétiens. De par leur vie, ces chrétiens reflétaient la lumière divine, l’amour de Dieu, comme l’étoile reflète la lumière du soleil.

 


Devenir étoile, c’est donc pour le chrétien rentrer dans le plan de Dieu. Remplir toute sa place, mais aussi rien que sa place.

 


L’étoile de l’Epiphanie est une étoile filante, qui se déplace, qui est donc bien visible. Mais lorsqu’elle a accompli sa mission, elle s’arrête et reprend sa place. Elle redevient immobile, elle s’efface devant l’Enfant-Dieu.

 


Comment ne pas penser aux paroles de Saint Jean-Baptiste : « il faut qu’il croisse et que je diminue » ?

 


L’étoile chrétienne est celle qui conduit à Dieu et non pas à elle-même. Elle sert et ne se sert pas, elle recherche la gloire de Dieu et non pas la sienne. Elle conduit les âmes à Jésus, mais elle ne les arrête pas à elle-même.

 


Une star cherche sa gloire, une étoile cherche la gloire de Dieu. La star cherche le devant de la scène, afin d’être vue et admirée, l’étoile s’efface une fois que sa mission est remplie.

 


Sainte Bernadette, qui a terminé sa vie dans un couvent, disait qu’elle était comme un balai, dont on se sert et qu’on range ensuite derrière la porte une fois qu’on a fini.

 


« Les premiers seront les derniers, nous avertit Jésus, celui qui s’élève sera humilié, celui qui s’humilie sera élevé. »

 

 

 

La deuxième différence caractéristique me semble être la durée de vie de l’étoile par rapport à la star. Je ne parle pas ici du nombre des jours de la vie terrestre. Non.

 


Mais remarquez qu’une star a la gloire courte. De plus en plus souvent, on en voit qui apparaissent, qui surfent sur un effet de mode pendant quelques mois et qui disparaissent finalement aussi vite qu’elles sont arrivées.

 


«  Etre dans le vent, c’est une ambition de feuille morte. » Comme cela est vrai.

 


D’autres sont plus durables, mais leur gloire les suit, au plus, jusqu’à leur dernier souffle.

 


La gloire de l’étoile chrétienne, elle, est éternelle. Ni la maladie, ni la vieillesse, ni les revers de fortune, ni les injustices des hommes ne peut la diminuer. Au contraire, si le chrétien est fidèle à Dieu, sa gloire ne cesse de croître en même temps que son amour de Dieu, pendant toute sa vie terrestre, pour durer éternellement au ciel.

 


Recherchez une couronne de gloire incorruptible, nous dit saint Paul.

 


Si les athlètes se donnent tant de mal pour atteindre la victoire, combien plus, nous, chrétiens, devons accepter d’endurer les souffrances et les peines de ce siècle, sans nous plaindre, en considérant avec espérance ce qui nous attend au ciel.

 


 

Enfin, la différence essentielle réside dans l’être et le paraitre, dans l’être et l’avoir.

 


La star selon le monde cherchera toujours à plaire, elle soignera son style, elle se donnera une image, parfois même au point de n’être plus totalement elle-même.

 


Le chrétien au contraire cherchera non pas à plaire aux hommes mais à Dieu. C'est vrai qu’il sera regardé parfois, même souvent il faut le dire, comme la balayure du monde dont nous parle saint Paul, mais il aura la consolation d’être selon le Cœur de Jésus.

 


Car c’est en effet de cela qu’il s’agit : devenir saint, c’est être transformé dans son être même, et c’est devenir un autre Christ, en qui Dieu a mis toutes ses complaisances. C’est devenir fils dans le Fils, lumière dans la Lumière.

 


La star, elle, n’est souvent transformée que dans son apparence extérieure. Elle est riche dans son avoir, dans ses biens, mais souffre d’un grand vide dans son intérieur.

 


Et encore une fois, de toute cette gloire terrestre, de tous ces biens matériels, elle devra s’en détacher en entrant dans sa tombe.

 


L’étoile au contraire voyage léger. Comme Job, elle peut dire à chaque instant « Dieu m’avait donné, Dieu m’a repris, que le nom de Dieu soit béni. » Elle considère ses biens non pas comme une fin, comme un but en soi, mais comme un moyen pour mieux servir Dieu et son prochain.

 


Ne soyons donc pas jaloux, ne soyons donc pas envieux : il nous sera bien plus facile, à nous, de quitter cette terre, nous qui ne sommes pas des trésoriers des bien périssables. « Là où est ton trésor, là sera ton cœur. »

 


 

Cherchons donc, mes biens chers frères, à devenir des étoiles, à devenir des saints. Acceptons aussi humblement de suivre les étoiles que Dieu nous envoie sur notre route. C’est le Pape, c’est le prêtre, mais c’est aussi ce voisin pénible, rempli de défauts, qui peut parfois nous parler avec sagesse, c’est parfois ce petit enfant qu’on serait tenté de mépriser. Dieu peut parfois nous surprendre par ses étoiles, qui ne sont pas selon nos schémas humains.

 


Devenir étoile, suivre l’étoile. Tout un programme pour cette nouvelle semaine. Faisons-le de notre mieux, car elle nous conduira à Jésus.

 


Tournons-nous vers la plus belle des étoiles, la Sainte Vierge Marie, qu’elle nous conduise à son Fils et qu’elle nous aide à lui ressembler.


 

Ainsi soit-il.